Les éditeurs malgaches au service de la littérature malgache

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Depuis notre article sur le Revio Tsara Soratra, des auteurs et des éditeurs nous ont fait part de leurs nouvelles. L’édition est un secteur d’activité qui nous intéresse beaucoup du fait que le marché de la littérature et les œuvres littéraires malgaches se retrouvent dans une période difficile face aux œuvres étrangères. Nous nous sommes donc rendus à la maison d’édition et libraire Tsipika pour en savoir un peu plus sur cette situation.

Selon les explications des responsables de cet établissement, les auteurs malgaches sont très productifs, mais la plupart préfèrent éditer leur œuvre à l’étranger. Ceci s’explique par le fait que les éditeurs étrangers proposent plus de visibilité aux œuvres qu’elles produisent. Pourtant, les livres et tous les autres produits édités dans ces établissements malgaches sont de qualité égale à ceux de leurs confrères étrangers. Cela crée alors un problème d’identification de ces œuvres malgaches. Il y a aussi la question de la langue d’édition. La plupart des œuvres écrites par les auteurs malgaches sont en français. C’est aussi un choix à visée de conquête de marché étranger, plus consommateur de livres que le marché intérieur. Ceci limite pourtant l’accès de la masse populaire à ces œuvres. De ce fait, la population malgache ne s’approprie pas souvent ces livres.

Mais tout n’est pas noir pour ce secteur. Il y a encore des auteurs malgaches qui écrivent dans leur langue maternelle et publient avec un établissement malgache. Il s’agit souvent des auteurs de livres didactiques. Mais cela n’empêche pas les autres auteurs de produire leur ouvrage à Madagascar.

3 auteures chez l’éditeur Tsipika.

Nous vous présentons alors, premièrement, le livre de Lala-Rakotoson Julienne Agnès intitulé Fitsipim-panoratana ny teny Malagasy, Edition Tsipika, 2016, 180p. C’est un guide destiné aux professionnels qui veulent améliorer leur rédaction en malgache. C’est un livre très bien présenté, facile à utiliser, que tout amoureux de la langue de Radama devrait avoir dans son foyer parce qu’il peut aussi être utilisé pour l’enseignement des enfants. Son auteure n’est d’ailleurs plus à présenter dans l’enseignement pour ses ouvrages didactiques Lovako.

Deuxième ouvrage parmi les nouveautés chez l’éditeur Tsipika : L’arbre de la vie. Le passé recomposé du Colonel Rakotonirainy, 2016, écrit par Malalanirina Rakotonirainy. C’est la biographie du Colonel Rakotonirainy, chef de l’Etat-major général de la défense et des forces armées populaire de la deuxième République de Madagascar, mort lors d’un crash de l’hélicoptère Alouette III le 27 juillet 1976. Ce livre a donc été écrit par sa fille en mémoire de son défunt père. Il reflète avant tout le côté humain, père de famille du Colonel, mais aussi son engagement dans la défense nationale. Et forcément, le livre dévoile quelques facettes de l’histoire de l’armée malgache. Il est bien évidement écrit en français.

Le troisième ouvrage qui est également édité en français s’intitule Parler et Ecrire en français à Madagascar aujourd’hui, 2017. Un ouvrage de Dominique Ranaivoson. L’auteure est aussi bien connue pour ses œuvres sur Madagascar et sur la langue malgache. Ce livre remplit donc sa bibliographie au côté de Mille mots pour comprendre Madagascar. L’ouvrage est d’autant plus d’actualité suite au Sommet de la Francophonie qui s’est déroulé au pays l’année dernière. Il répertorie les écrivains et auteurs malgaches actuels et donne des indications sur l’usage de la langue française dans la littérature malgache.