Brouk et Zia, une extraordinaire rencontre artistique

Les petites scènes de poésie ne cessent de nous surprendre. Lors de la première journée du championnat national de slam, samedi 1er décembre dernier, les prestations ont surpris l’assistance, qui s’est massée dans la médiathèque de l’IFM Analakely. Le spectacle, concocté par Brouk et Zia, a été agrémenté de poésies et de musique, dans un mélange de modernité et de tradition.

Brouk et Zia, à l’honneur du Brookesia, ce petit caméléon endémique de Nosy Hara, est un duo unissant la slameuse Na Hassi et le valihiste Sarobidy. Les deux artistes se sont déjà illustrés dans diverses représentations depuis leur rencontre, mais ce qui différencie Brouk et Zia, c’est tout d’abord leur maturité. Celle-ci est sans doute le fruit de l’expérience.

Sans fausse note donc, les deux jeunes artistes ont ouvert leur Boîte à poème et musique, « BPM », comme ils ont bien voulu intituler ce show présentant notamment le titre « Aza mijery amin’ny maso ». Celui-ci invite l’audience à regarder au-delà de la perception. Leur boîte renferme leurs inspirations et leur identité. Sarobidy a apporté son traditionnel, acoustique et mélodieux valiha malagasy, pour le faire côtoyer les proses de Na Hassi. On est loin de la définition « originelle » du slam. Plus encore, ils ont introduit sur scène, trois autres disciplines artistiques : le rap, la danse et le beat box.

Avec Lazarus, rappeur fier membre du clan Bogota, et Do B, la nouvelle star du beat box malgache, la prestation s’est tout simplement transformée en un véritable show. Une ambiance qui n’a pas déplu au public, conquis par l’assurance de ces artistes.

Mais au-delà de la prestation scénique, la Boîte à poésie et musique de Brouk et Zia est aussi une expression artistique qui innove. Le tout donne un sens à chacun de ses éléments. Si, par exemple, auparavant, le valiha était toujours considéré comme un instrument réservé à la musique traditionnelle, en se frottant avec la voix intense du slam, une nouvelle sonorité naît.

Ce qui distingue le plus cette nouvelle expérience, c’est cette audace de franchir les limites de l’artistiquement correct, c’est cette volonté d’aller au-delà de l’habituel.

Le show case du samedi dernier n’est donc qu’un petit aperçu de ce que la Boîte à poésie et musique de Brouk et Zia renferme.