Télévision : Ciné Le Mag, c’est terminé.

La nouvelle a déjà fait couler beaucoup d’encre ; le magazine dédié au cinéma du Sud et d’Afrique quitte Canal+.

L’affaire remonte en juin 2020 lors du tournage de l’émission Ciné Le Mag que la journaliste franco-burkinabée Claire Diao anime depuis janvier 2019. L’émission a été interrompu par le directeur des programmes alors que l’invitée Annabelle Lengronne venait de citer le nom d’Assa Traoré comme « figure féminine inspirante ».

L’actrice noire est venu en effet présenté le film « Filles de joie » à cette émission et répondait à la question « Qu’elle figure féminine vous inspire? ». Selon elle, Assa Traoré est une figure de la femme moderne, battante, celle qui va sûrement inspirer le cinéma et qui inspire déjà toute une génération dans sa lutte pour que justice soit faite sur l’affaire Adama Traoré, son frère.

Canal + a donc fait pression sur les producteurs pour que l’intervention de l’invitée soit supprimée du montage. Chose faite, le passage de Annabelle Lengronne ne figurait pas sur le PAD livré par les producteurs dans l’émission qui s’est passé sur la chaîne le 11 juillet 2020.

Dans une publication sur sa page Facebook le 17 juillet 2020, Claire Diao dénonce ainsi les pressions et les menaces que son équipe subit de la part de la direction de Canal+ Afrique et des producteurs.

« Notre équipe qui a animé avec passion et professionnalisme cette émission depuis 82 épisodes a le regret de vous annoncer son départ » a-t-elle donc annoncé.

De son côté, Canal+ a soutenu que l’affaire Traoré est un cas franco-français, donc elle n’a pas sa place dans un magazine dédié à l’Afrique.

Ciné le Mag, c’était 2 saisons consacrées au cinéma africain et au savoir-faire cinématographique du Sud. Des films, réalisateurs, acteurs, critiques, producteurs et festivaliers malgaches ont déjà passé sur son plateau.

Le magazine est reconnu par les professionnels et le public cinéphile comme étant une référence dans le traitement des actualités du cinéma et des séries TV africaines. L’indignation, non seulement contre la violence la censure, mais aussi contre la politique de Canal+ de s’emparer du monopole de l’image en Afrique refont ainsi surface partout sur le continent.