Kaloune : « La culture non-marchande doit être plus visible »

Elle aime la poésie, la musique, et le chant. Son art est le fruit de sa multi culturalité. Kaloune est originaire de La Réunion, amoureuse de l’Afrique et citoyenne du monde. Depuis son enfance, sa personnalité a été ancrée dans l’amour et le respect de la tradition. Petite, elle chantait dans les kabarés, cérémonies dédiées aux ancêtres qu’officiait sa grand-mère, sa tante puis sa mère. Aujourd’hui, elle accompagne ses chants avec le Mbira, un instrument traditionnel zimbabwéen utilisé notamment dans les cérémonies de transe.

Mais Kaloune n’est pas seulement une gardienne de la tradition. Elle est aussi une artiste avant-gardiste. Elle manifeste dans une musicalité électronique, qui reprend les tons des vieux maloya, la fureur du reggae et des sonorités africaines, son engagement pour les droits de la femme, le devoir de mémoire et l’histoire. Ces valeurs, on les retrouve surtout dans des textes poétiques, car Kaloune est aussi une écrivaine. Elle a à son actif deux recueils de poésie : « Séga Bondyé Galé » (2010) et « Kayé La sirèn ou le rêve de Fanja » (2015), tous sortis des éditions KA.

Ses chansons ne sont donc pas faites que pour divertir. Elle veut transmettre des idées, des histoires et des connaissances. Elle écrit donc pour partager la culture créole, pour faire exister son île, La Réunion, pour que les afros descendants de cette île aux origines variées aient enfin leur place et que l’identité culturelle de cette communauté ne soit pas cantonnée à la maloya. De par son originalité, Kaloune est une nouvelle voix réunionnaise.

Entre ses prières, poèmes et chants, ce sont ces valeurs qu’elle défend qui font d’elle l’une des artistes en vue en ce moment dans le bassin indo océanique. Vainqueur du prix découverte de l’Océan Indien en 2017, elle entame une tournée mondiale avant la sortie de son nouvel album pour cette année. Elle  était  à l’IFM Analakely le 1er juin et a fait vibrer les Tananariviens.