Loukile Morithadoi : « Le slam est tout pour moi »

Ses textes sont engagés. Elle les écrit en français, en anglais, en comorien, en arabe et en malgache. Elle, c’est Loukile, la poétesse qui chauffe les scènes de slam à Madagascar en ce moment. Cette jeune étudiante en médecine, métisse malgache et comorienne, ne savait pourtant pas que ses textes sur les droits de la femme, ses révoltes pour l’égalité sociale et ses coups de plume sur son art, la poésie, pourraient avoir des répercussions sur le public. Car pour elle, ces choses sont dictées naturellement par son âme et, à aucun moment, elle doit puiser son inspiration ailleurs que là où elle vit : dans une société cosmopolite mais divisée par les idéologies. Alors elle écrit sur tout.

Dans son calepin, Loukile parle d’amour, de sexe, de religion, de science et de sa vie d’artiste. Imbibée de sa multi culturalité, totalement ancrée dans sa personnalité, c’est par des mots et des rimes, autrement dit, par la poésie, que Loukile a choisi de s’exprimer. Ou plutôt, c’est la poésie qui a choisi de s’exprimer à travers la jeune femme, car cet art lui est venu dès son jeune âge.

Depuis qu’elle a 8 ans, elle n’a donc jamais cessé d’écrire. Poussée par son père, qui lui a fait voir les différentes facettes de la poésie, c’est seulement lors d’un voyage à Madagascar, il y a 3 ans, qu’elle a découvert le slam. La scène l’attire. Elle l’a domptée. Elle est devenue une slameuse.

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Elle a ainsi entrepris diverses activités pour l’implantation de cette discipline dans les îles comoriennes. Ces activités d’éveil culturel se révèlent à travers des ateliers d’écritures et de lectures pour les enfants. Elle et ses textes ont aussi mûri avec ces enfants.

De retour à Madagascar pour poursuivre ses études, la scène la réclame, et elle est prête à l’affronter. Un talent à découvrir donc.