Art et Culture. Les entreprises privées s’y intéressent de plus en plus

City Art, c’est le nouvel espace dédié à l’art de Madagascar implanté en plein milieu de la galerie marchande La City Ivandry. Une exposition de tableaux du collectif Tanàna Arts Gallery y est installée jusqu’au 24 août 2019. D »autres événements artistiques sont prévus investir les lieux chaque mois. Il est le fruit de l’initiative du groupe SMTP, propriétaire de la galerie, et la volonté du ministère de la culture et de la communication de donner plus de visibilité aux artistes malgaches et leurs œuvres.

Depuis quelques années, l’engouement des entreprises privées, des investisseurs et des mécènes malgaches à la promotion de l’art a redonné un nouvel élan au secteur. Des soutiens qui rapprochent les artistes du public, mais également, permettent aux amateurs de s’approprier de ces produits artistiques locaux.

Si auparavant, les artistes ne pouvaient attendre des entreprises privées que d’un simple partenariat ponctuel avec des conditions qui sont loin du concept gagnant-gagnant pour faire la promotion de leurs activités, ces temps-ci, des galeries, des bourses, des concours et autres encouragements leur sont proposés. La galerie de la Fondation H, une branche du groupe Axian, qui offre un espace d’exposition aux jeunes artistes malgaches reflète justement cet intérêt grandissant que portent les investisseurs à la chose artistique.

Il y a aussi les prises de responsabilité venant des artistes eux-mêmes ; comme celle qui a motivé Tahina Rakotoarivony à créer l’Is’Art, ou encore le rassemblement des médiateurs culturels sortant de l’Université d’Ankatso pour mettre en place le mouvement Artiste Craam. Même si beaucoup de ces initiatives sont encore sous perfusion financière de divers bailleurs de fonds étrangers, leurs impacts ont surement eu des effets positifs sur la conscientisation sur l’importance d’investir dans la culture.

Un de ces impacts est sans doute la récupération du leadership du ministère de la culture depuis quelques mois. Certes, beaucoup reste à faire du côté du pouvoir public, surtout en matière de législation et de mise en place des systèmes de soutien efficace aux artistes, mais la tendance est actuellement vers la mutualisation des forces, comme le démontre cette mise en place de City Art.

Le rapprochement du secteur privé et du monde de l’art, soutenu par un pouvoir public conscient de son rôle ne peut donc que bénéfique pour la promotion artistique dans un pays où les artistes aspirent à devenir l’égérie d’une nouvelle vision qu’est Madagascar.