Peinture : Mendrika Ratsima bouleverse l’ordre social.

« Un enfant naît neutre. C’est notre société qui lui donne son genre ». En partant de ce constat, Mendrika Ratsima veut attirer notre attention sur les genres, masculin et féminin dans une exposition qu’elle intitule « La fabrique du genre ».

Mendrika Ratsima.

« Le genre est, certes, défini par notre aspect biologique, par extension, par notre aspect physique. Mais, est-ce suffisant pour décrire notre genre ? » La réflexion peut sembler philosophique mais l’artiste peintre est sensible aux effets que ces distinctions ont sur notre comportement vis-à-vis des autres.

Elle n’accuse pas pour autant la société d’avoir créé cette distinction car chacun de nous-mêmes est membre de cette société. « Pourquoi les garçons doivent s’habiller en bleu et les filles en rose, et l’inverse serait étrange ? » se demande-t-elle. Mendrika puise la réponse dans l’observation de notre société prédéfinie par un cadre de référence. Tout doit être codé, standardisé et parfois même imposé.

Notre éducation est le premier cadre qui nous façonne à suivre ces codes. Nous n’avons jamais remis en question notre éducation, pourtant beaucoup de paramètres ont bouleversé notre personnalité en devenant adultes. Sommes-nous donc destinés à répéter en boucle ces acquis ?

L’artiste veut ainsi bouleverser ces idées conçues, et reçues. A travers ses tableaux, elle invite ainsi chaque visiteur à une réflexion individuelle sur sa perception du genre. Une réflexion qui pourrait remodeler notre relation interpersonnelle.

L’exposition « La fabrique du genre » se veut ainsi être un laboratoire où l’être humain peut affirmer son genre, sa personnalité et ses choix de vie.

L’exposition vente est également une occasion pour Mendrika Ratsima de montrer des œuvres produites grâce à ses expérimentations. En effet, l’artiste peintre est aussi une adepte de la récupération. Ses tableaux sont donc composés de divers matériaux de diverses couleurs qui donnent un mélange souvent estimé improbable, à l’image de la logique de notre société. La fabrique du genre est à retrouver au CRAAM Ankatso jusqu’au 27 avril.