Collection Photo de Rijasolo : Mme Sombiniaina Ronestrie.

Actualité, Madagascar : des visages et des autorités. Collection Rijasolo. /

Pour marquer ce mois de la photo 2017, Culture261 expose une collection de photos intitulée « Madagascar : des visages et des autorités » de Rijasolo. Cette exposition va durer 15 jours. Chaque jour, des photos seront ajoutées à la collection.

Le choix d’exposer les œuvres de Rijasolo est motivé par leur qualité. Ces photos, ce photographe malgache les a minutieusement sélectionnées particulièrement pour faire partie de cette exposition virtuelle. Cette collection regroupe ainsi les photos que Rijasolo affectionne, nos seulement par leur qualité technique et artistique, mais surtout pour les histoires, les anecdotes, les sentiments qui l’ont emmené à les prendre. Car au-delà des simples photos de reportage, le vécu personnel de cet artiste dans la grande Île y transparait.

Né en France, il décide de revenir à Madagascar. 20 ans de diaspora le séparent de ces origines. Désorienté dès son premier contact avec la terre de ses ancêtres, il s’est armé de son appareil photo pour retrouver ses repères. Un vécu qu’il raconte dans son projet « Miverina ».

Certaines photos de la collection Mois de la Photo pour Culture261 sont issues de cette collection. Mais Rijasolo a également choisi d’y insérer d’autres clichés qui relatent cette rencontre. La collection représente exclusivement des portraits de personnes que le photographe a côtoyées ou tout simplement croisées. Des simples gens aux hommes d’Etat, chacune de ces personnes a son histoire. Ces histoires, Rijasolo veut les immortaliser.

Voici donc la première histoire de cette collection : Mme Sombiniaina Ronestrie.

 

 

BETIOKYMme Sombiniaina Ronestrie, mariée, 2 enfants, 31 ans, est maitresse d’école dans une EPP (Ecole Primaire Publique) de Betioky. Elle est professeur d’école depuis 2006. Lorsque je lui demande quelles études elle a fait pour devenir enseignante, elle est très surprise par cette question. Elle explique finalement qu’il n’y a pas d’autre choix que d’être enseignante, ici à Betioky, lorsque l’on est bachelier. Elle a tout d’abord fait des remplacements et a été finalement titularisée.

Elle adore enseigner les mathematiques, car elle se sent très utiles ici, en brousse, ou les gens doivent savoir bien compter pour pouvoir travailler au marché de zébus ou tenir un petit commerce. Elle sait qu’elle a un rôle essentiel dans la mission de developpement de Madagascar en ayant en charge d’éduquer et élever tous ces enfants. Mais elle ne comprend pas pourquoi on lui confie cette mission pour un salaire mensuel si bas (300 000 Ar = 82 euros environ) après déjà 10 ans de service.
PHOTO : © RIJASOLO